Les femmes et le “Pouvoir” en France
Mercredi, septembre 16, 2009
D’autant que je me souvienne ce que j’ai pu apprendre du rôle des femmes dans l’Histoire ne leur faisait pas la part belle, elles n’avaient guère de choix : femme du peuple (à part Jeanne Hachette) on n’en parlait pas, Reine on la choisissait dans un pays étranger pour conforter les alliances, soumise à l’étiquette elle se devait d’être pondeuse et n’avoir aucune intimité, courtisane enfin grâce à la création de la « cour » sous François 1° certaines exercèrent un réel pouvoir sur leur Roi et maître .
A la suite de certaines interventions jouées par Mme Carla Bruni-Sarkozy je me suis posé la question de savoir quel pouvoir tiré d’une légitimité démocratique pouvait posséder cette femme. La réponse est : aucun, elle n’est l’élue que de son mari. Ainsi, grâce à Carla, nous pouvons nous permettre une corrélation avec les femmes de l’Ancien Régime, et nous interroger.
L’histoire des femmes et du pouvoir est faite de préjugés, de misogynie, et de mise sous l’éteignoir.
L’ époque récente a connu l’accession au suffrage universel en 1944 , sous Léon Blum, la première femme dans un gouvernement, sous Mitterrand la première femme à la tête d’un gouvernement.
L’histoire est volontairement amnésique dès qu’il s’agit des femmes. Nous allons en étudier plusieurs cas qui font mentir la règle et démontrer le poids du silence et son injustice.
La Reine Brunehilde ou Brunehaut
Elle vécut au VI° siècle , est surtout connue par la haine dont elle poursuivit sa rivale Frédégonde, et pourtant malgré ces crêpages de chignon elle gouverna pendant plus de trente ans plusieurs états dont l’Austrasie mais l’histoire ne retient que sa cruauté…
La Reine Clothilde :
La reine Clotilde : épouse de Clovis Issu de la dynastie des Mérovingiens, du nom hypothétique de son grand-père, Mérovée, l’influença pour qu’il se convertisse au christianisme, posant ainsi les bases d’une dynastie qui régna pendant près de trois siècles avant de céder la place à une famille de la noblesse franque austrasienne : les Pippinides. Elle est passée à la trappe de l’oubli de l’histoire.
Aliénor d’Aquitaine

Qualifiée de catastrophe nationale car répudiée par le Roi de France Louis VII qui la jugeait inconstante. Elle apporta en dot tout le sud-ouest de l’hexagone à son second mari Henri Plantagenêt futur Roi d’Angleterre, ce qui plus tard amena le conflit de territoires de la Guerre de Cent Ans.
Cette femme anima à Poitiers une cour brillante où prirent leur envol les plus grands troubadours. L’Amour Courtois connaît son apogée durant la seconde moitié du XII°Siécle, à la cour d’Aliénor, petite fille du premier troubadour.
De nombreux chevaliers poètes, tels Bertrand de Born ou Bernard de Ventadour bénéficient de son mécénat ou de celui de son fils Richard, lui même versé dans la pratique de cet art. La lyrique courtoise s’étend alors à tous les domaines Plantagenêt, avant de gagner l’ensemble de l’Europe.
La Loi Salique :
La première loi salique était un code pénal et civil ,propre, selon certains historiens, aux Francs dits « saliens » (IVe siècle.
Un article de la loi salique ordonne, entre autres, les tarifs de composition que font payer la partie coupable à la partie lésée :
- toucher la main d’une femme : amende de quinze sous ;
- toucher une femme de la main au coude : amende de trente sous ;
- toucher une femme du coude à l’épaule : amende de trente-cinq sous ;
- toucher une femme jusqu’au sein : amende de quarante-cinq sous ;
- meurtre d’un Franc ou d’un Romain : amende allant de cent à deux cents sous.
Le but de cet article était, en cas de violence faite aux femmes, d’empêcher les faides[4] (vengeances obligatoires).
La loi stipule aussi qu’un individu tué par faide devait voir sa tête plantée sur un pieu de fortification ou au bout d’une lance par son meurtrier afin que ce dernier fût signalé aux autorités.
Un autre article issu du droit romain indique qu’un refus de comparaître entraîne une perte de la protection du roi et la confiscation des biens par le trésor public.
Les mariages incestueux aussi sont interdits : « Si quelqu’un s’est uni par un mariage scélérat avec la fille de sa sœur ou de son frère ou d’un cousin à un degré plus éloigné, ou à l’épouse de son frère, ou de son oncle maternel, qu’ils subissent la peine de la séparation et, s’ils ont eu des fils, ils ne seront pas les héritiers légitimes et seront considérés comme infâmes ». Cet article permit l’éviction des oncles et cousins de la famille royale de la succession.
Nulle trace de l’éviction des femmes au droit d’hériter de la couronne royale
Maurice Druon de l’Académie Française dans les « Rois Maudits » fait état de l’utilisation de cette Loi pour barrer la route à Edouard III dans sa revendication à la succession au trône de France, c’est faux, personne n’ayant revendiqué cette Loi à son époque, elle était oubliée. Ce n’est qu’un demi siècle plus tard qu’un moine obscur l’a retrouvée par hasard. Remaniée, retravaillée elle n’a servi que bien plus tard à l’époque de Henri IV (cf les écrits de Eliane Viennot, historienne, auteure de : La France, les femmes et le pouvoir.
Le royaume à partir des XV° et XVI° siècles grâce à cette merveilleuse Loi Salique ne peut plus “tomber en quenouille” c’est à dire passer dans les mains des femmes contrairement aux autres royaumes européens de l’époque. Les femmes ne peuvent plus qu’être épouses et mères. Adieu les rêves de petites filles d’être Reines, bonjour le cauchemar d’un mariage royal servant les politiques d’alliances. Etre Reine c’est être arrachée à sa famille, se retrouver dans un pays étranger, dans un pays dont on ne connaît rien, dont souvent on parle mal la langue, sous la coupe d’une stricte étiquette qui interdit pratiquement tout. C’est l’abandon de l’intimité dans la vie de couple, les reines accouchent en public, font l’amour devant témoins etc…
Isabeau de Bavière :

Reine de France, mère de Charles VII, eût le mérite pour sauver le royaume de pactiser avec les anglais, avant l’épisode de Jeanne d’Arc.
On est en pleine guerre de Cent Ans et du grand schisme d’Occident. Charles VI étant devenu fou, elle va présider à partir de 1393 un Conseil de Régence, où siègent les Grands du Royaume
A cause de la folie de son époux le roi Charles VI et des dechirements entre familles nobles (Armagnacs et Bourguignons) elle porta seule pendant des décennies le fardeau d’un royaume livré à la guerre civile.
Yolande d’Aragon duchesse d’Anjou (1381-1442) 
Belle-mère du faible Charles VII, c’est elle qui ayant entendu parler d’une jeune Lorraine exaltée organise la venue à Chinon de Jeanne d’Arc, qui sans elle n’aurait sauvé que ses moutons.
Elle joua un rôle important dans la politique de l’Empire angevin, de la France et de l’Aragon, pendant la première moitié du XVe siècle. Un auteur du XXe siècle, Jehanne d’Orliac, rédigea un des rares ouvrages spécifiques sur Yolande. Elle nota que la duchesse ne fut pas appréciée à sa juste valeur pour son génie et son influence durant le règne de Charles VII: elle n’est mentionnée qu’en passant, alors qu’elle fut le pivot de tous les événements importants de 42 années d’histoire de France, alors que Jeanne d’Arc ne fut sous les feux de la rampe que durant onze mois.
Diane de Poitiers (1499-1566)

Henri II fils de François 1° n’a que 19 ans lorsqu’il tombe amoureux de Diane, veuve d’un aristocrate noble elle a 20 ans de plus que lui. Experte en amour, considérée comme la Vénus de son temps elle participe à son éducation et le conseille. Elle combat l’influence du parti protestant et suggère à Henri II de ne pas négliger son épouse Catherine de Médicis qui tarde à donner un héritier. Le roi fait réaliser des statues de Diane chasseresse, et elle dispose d’une cour brillante, protège les peintres (François Clouet) et les poètes (Ronsard) et se voit offrir bijoux et château.
Catherine de Médicis (1519-1589)

Par son mariage avec le futur Henri II, elle devient Dauphine et duchesse de Bretagne de 1536 à 1547, puis reine de France de 1547 à 1559. Mère des rois François II, Charles IX, Henri III, des reines Élisabeth (reine d’Espagne) et Marguerite (la reine Margot), elle gouverne la France en tant que reine-mère et régente de 1560 à 1564.
Le coup de lance donné accidentellement lors d’un tournoi (1559) est celui qui tue son mari Henri II . Jusque Reine dans l’ombre, éclipsée par la somptueuse Diane de Poitiers, maîtresse du Roi, elle se tenait discrète, ses fils étant trop jeunes c’est elle qui en leur nom contrôle le pouvoir.
Eclaboussée par le scandale de la Saint Barthélémy, elle poussa Charles IX son fils à ordonner l’horreur (24 Août 1572).