Pierre François Lacenaire (1800-1836)
Samedi, septembre 26, 2009

Il quitte le petit séminaire d’Alix après y avoir obtenu de brillants résultats. Il s’engage dans l’armée, mais déserte lors de l’expédition de Morée en 1829. Vols et escroqueries le mènent à plusieurs reprises en prison, où il suit, dit-il, son « université criminelle » et où il recrute ses comparses Victor Avril et François Martin. Il compose en prison une chanson Pétition d’un voleur à un roi son voisin qui révèle ses talents poétiques. Puis il rédige pour un journal Les prisons et le régime pénitentiaire qui remporte du succès.
Après un double assassinat minable il est dénoncé par ses complices alors qu’il séjournait à Chalon-sur-Saône. Il transforme son procès en tribune théâtrale et sa prison en salon. Il écrit Mémoires, révélations et poésie.
Lors de son exécution Lacenaire déclare : « J’arrive à la mort par une mauvaise route, j’y monte par un escalier… ». Selon une autre version, exécuté un lundi, il aurait déclaré : « Voilà une semaine qui commence mal. » La guillotine qui pourtant vient de couper la tête d’Avril s’enraye. Lacenaire tourne la tête et fait face à la lame que l’aide du bourreau Sanson fait tomber. Comme la monarchie de Juillet s’inquiète du courant de sympathie qui monte dans l’opinion autour de cet assassin atypique, la Gazette des tribunaux, journal officiel, écrit, contre toute vérité, que le coupable « n’a pas su affronter l’échafaud sans trembler ».
Une lecture de ses mémoires est indispensable pour comprendre l’enfance, le cheminement et l’évolution des nombreux troubles psychologiques de Lacenaire qui l’ont amené à se détruire par le crime (voir références bibliographiques plus bas).
Selon les mémoires de Monsieur Claude, chef de la Sureté sous le Second Empire, et greffier lors de l’arrestation de Lacenaire, ce dernier a été arrêté sous le faux nom de Jacob Lévi en 1834 à Beaune, pour escroqueries, par les chefs de la sureté de l’époque, Allard et Canler. Comme il se cache aussi sous les noms de Baton, Gaillard et Mahossier, les policiers ne savent pas tout de suite qu’ils détiennent Lacenaire. Il fut démasqué à cause de son écriture, comme étant le meurtrier de Chardon et sa mère, au passage du Cheval-Rouge, à Paris. Il aurait tué de nombreuses personnes avant de connaitre l’échafaud pour ce double crime. Il assassinait ses victimes au tire-point (outil de cordonnier) et frappait toujours dans le dos, ayant remarqué qu’une personne est bien moins combative quand elle est blessée au dos que sur le devant du corps.
